Le Figaro littéraire, 14-01-2021

"Chants sacrés pour coeurs en peine"

"Le roman d'Emmanuelle Dourson se déploie sur une dizaine de jours dans une intensité croissante, comme s'il courait vers le sixième et dernier chapitre qui se déroule pendant un récital que donne Albane à Barcelone. Le récit est tendu entre un extrême raffinement et des forces archaïques. les personnages, hantés par l'entropie à l'oeuvre en eux et dans l'univers, cherchent un salut dans la musique et la peinture, Le songe de Jacob de Riberia notamment. Comme de vieux enfants, ils rêvent de revenir au noyau originel et fusionnel dont ils se croient issus. L'ultime scène, wagnérienne, où la salle de concert plongée dans le noir par un orage se métamorphose en temple, voit la pianiste, jouant la Sonate en ut mineur opus 111 de Beethoven, tenter de conduire le public vers une rédemption. Un roman traversé d'une belle ardeur sacrée."

Astrid de Larminat

L'Express, 21-01-2021

"Emmanuelle Dourson, la virtuose"

"En voilà un étonnant premier roman, récit incandescent d'une chronique familiale avec, en point d'orgue, un final sur la Sonate opus 111 de Ludwig van Beethoven sous les lambris du Palau de la Musica de Barcelone. C'est au rythme de la musique, mais aussi de la poésie et de l'épopée (celle d'Ulysse), que la Belge Emmanuelle Dourson, née en 1976, a composé une partition à cinq personnages, contée par une narratrice mystérieuse qui se révèle être la mère de famille, défunte... Le livre s'ouvre sur un homme, Jean, qui entend à la radio que sa fille Albane, pianiste prodige qui a rompu les amarres il y a quinze ans, va bientôt se produire en Espagne. (...) Bien qu'affaibli, Jean décide d'aller à Barcelone, dans le fol espoir de renouer avec son Albane adorée. L'harmonie familiale sera-t-elle au rendez-vous ? Réponse au terme d'un flamboyant exercice de style." 
Marianne Payot et Pauline Leduc

La Libre, 17-03-2021

"Six voix pour un concert unique"

"Sorti en janvier, le livre s'est tout de suite rallié de nombreux suffrages. Si les dieux incendiaient le monde est un roman qui vole haut avec des références littéraires et artistiques qui le balisent tout du long : Nabokov, Homère, Smargiassi, Shakespeare, Virginia Woolf, Philippe Jaccottet et même... Stromae lui apportent une caution de choix. C'est surtout un roman singulier, énigmatique, intérieur qui, en dépit d'une certaine complexité, s'impose par sa perception des fêlures humaines et des attentes qu'elles suscitent, par sa réflexion sur nos problèmes de société, par son regard ouvert sur le monde et le temps." 
Monique Verdussen

L'Obs, 01-04-2021

"Le retour de la fille prodige"

"Comme dans une tragédie antique, Emmanuelle Dourson fait ricocher la tension de l'un à l'autre et disssémine des fétiches - objets, sons, expressions - comme autant de rappels de l'indéfectibilité des liens, même au-delà de la mort."

Véronique Cassarin-Grand

UCLouvain - Université de culture , 25-03-2021

"Toujours souffrir jamais sortir"

"Aux antipodes de l'autofiction complaisante, un vrai roman se propose – et c'est ici le cas –, par la puissance de sa narration, par la simplicité et la complexité de ses personnages, d'écrire ni plus ni moins qu'un fragment de mythe, de ces mythes qui sont « les grandes vérités qui nous dépassent et dont nous avons besoin pour vivre » (Yourcenar)."

Bérengère Deprez

ELLE, 12-03-2021

"Le récit, qui s'achemine vers le concert que donnera Albane à Barcelone, est traversé de part en part par la musique. Art par lequel "les menées du destin [sont] suspendues". Sa puissance est capable de faire mouvoir le père aux jambes fragiles, et c'est elle qui permettra que toutes les attentions convergent vers ce moment unique où, enfin, la fugueuse rattrapée, l'absence est comblée.

Belinda Cannone

L'Avenir, 16-02-2021

"Un somptueux voyage littéraire."

Michel Paquot

Blog-notes littéraire d'Éric Allard, 13-01-2021

"Un admirable premier roman animé d’une prodigieuse tension qui demeure longtemps en tête et qui consacre la naissance d’une écrivaine."

Le Carnet et les Instants

"Dosant avec virtuosité le dévoilement des informations, la romancière insuffle à son récit une tension constante, innervée par une double interrogation : comment cette famille en est-elle arrivée là ? et comment se passeront les retrouvailles à Barcelone ? Le mystère plane aussi bien sur le passé que sur l’avenir des personnages et tiendra les lecteurs en haleine jusqu’aux dernières pages.  
Passionnant en lui-même, le récit plonge en outre dans une atmosphère d’inquiétante étrangeté, avec le retour de motifs discrets : une cigarette, une robe rouge, un lac jaillissent dans les souvenirs d’un personnage et resurgissent dans le récit d’un autre.  Circulant d’un personnage à l’autre, du passé au présent, ils créent d’étranges échos, des fils mystérieux entre les destins des un.e.s et des autres.
(...)
Histoire d’une pianiste, Si les dieux incendiaient le monde est truffé de références artistiques et culturelles. Du poème de Jaccottet qui donne son titre au roman à Nabokov, en passant par l’Odyssée, Shakespeare, Vélasquez et la photographie, chacune suggère une clé, un indice, une interprétation symbolique. Et donnera matière à penser aux lecteurs patients, que le roman d’Emmanuelle Dourson ravira à n’en point douter."
Nausicaa Dewez

Centre Wallonie-Bruxelles Paris - Radio Fractale

Chronique de Pierre Vanderstappen

Karoo

"Les lignes poétiques du roman s’enchaînent de manière fluide comme un cours d’eau, ricochant d’idées en idées, au gré des pensées des personnages. Emmanuelle Dourson livre un roman où tout prend vie : le tableau préféré de Jean, le projet de plantation d’arbres de Clélia, et jusqu’aux interventions d’une narratrice décédée. En contraste, chaque voix effleure également la question de la mortalité, dans un soubresaut de conscience immémorial. Une histoire familiale amenée à prouver que même si les dieux incendiaient le monde, la vie en renaîtrait, encore et toujours. Une histoire qui déchire le tissu de l’espace et du temps pour y déposer ces voix, se faisant écho du reste de l’humanité."

Francesca Anghel